
Épicondylite : le coude du tennisman touche aussi d'autres sportifs

Maxime Dupont
Etiopathe · Blainville-sur-Orne
Une douleur au coude qui gêne les gestes du quotidien
Vous attrapez une bouteille, serrez une poignée de porte ou saisissez votre guidon, et une douleur vive se réveille sur le côté externe du coude. Parfois, elle irradie vers l'avant-bras. Elle peut aussi vous réveiller en fin de journée, après l'entraînement.
Cette situation est fréquente, et elle est souvent associée au tennis. Pourtant, vous n'avez pas besoin d'avoir une raquette en main pour la ressentir.
Ce qui se passe au niveau du coude
L'épicondyle latéral est une petite saillie osseuse située à l'extérieur du coude. Les muscles qui relèvent le poignet et étendent les doigts s'y attachent par des tendons. Ces tendons sont sollicités à chaque fois que vous serrez, tenez ou stabilisez un objet.
Lorsque ces sollicitations sont répétées ou intenses, sans récupération suffisante, la zone d'insertion peut devenir douloureuse. On parle alors couramment d'épicondylite, ou de « coude du tennisman ». Les mécanismes précis font encore l'objet de débats : il s'agit surtout d'une surcharge du tendon plutôt que d'une simple « inflammation ».
Qui est concerné ?
Au-delà du tennis, certaines personnes retrouvent cette douleur dans d'autres pratiques :
- Cyclisme : la prise prolongée du guidon, surtout sur route vibrante, sollicite beaucoup les extenseurs du poignet.
- Natation : la poussée de l'eau et la position de la main à l'entrée peuvent solliciter l'avant-bras.
- Padel, squash, badminton : les sports de raquette imposent des gestes répétés et des freinages brusques.
- Musculation et escalade : les tractions, le grip et les prises en force.
- Gestes professionnels : bricolage, travail sur écran avec la souris, port de charges.
Le point commun est la répétition d'un geste de préhension combinée à une récupération insuffisante.
Le coude dans la chaîne corporelle : l'approche étiopathique
Le coude ne travaille jamais seul. Pour frapper une balle, pédaler ou nager, la force passe par les jambes, le bassin, le tronc, l'épaule, puis le coude et la main. Quand un maillon de cette chaîne est moins mobile ou moins bien sollicité, le coude peut être amené à compenser.
Ce que je recherche en consultation
En tant qu'étiopathe, je cherche la cause possible de la douleur plutôt que de m'arrêter à l'endroit où elle se manifeste. Lors de l'examen, je prends en compte :
- Votre histoire : début des douleurs, type de sport, volume d'entraînement, changement de matériel.
- La mobilité du poignet, du coude, de l'épaule, de la nuque et du haut du dos.
- Les tensions musculaires de l'avant-bras et de la ceinture scapulaire.
- Votre posture et vos gestes au quotidien et dans la pratique.
À partir de ces observations, j'utilise des techniques manuelles adaptées, visant à contribuer au retour d'une meilleure mobilité et à diminuer les contraintes sur la zone sensible. Je ne promets pas de résultat : chaque corps réagit à son rythme.
Un tendon douloureux est souvent un tendon qui en fait trop, parce qu'ailleurs, quelque chose n'en fait pas assez.
Cette phrase résume ma façon de voir les choses, sans que ce soit une règle absolue. Un bilan médical reste utile pour écarter d'autres origines possibles, comme une irritation nerveuse au niveau du cou ou de l'avant-bras.
Un exercice simple à essayer, et quand consulter
Exercice : relâchement doux des extenseurs
Cet exercice n'est pas un traitement. Certaines personnes le trouvent agréable pour détendre l'avant-bras après l'effort. Arrêtez-vous en cas de douleur vive.
- Asseyez-vous, le coude tendu devant vous, paume vers le sol.
- De l'autre main, fléchissez doucement le poignet vers le bas, doigts relâchés.
- Tenez la position 20 à 30 secondes, sans forcer. Une tension légère est normale, pas une douleur.
- Relâchez lentement, puis répétez 3 fois de chaque côté.
- Respirez calmement par le nez pendant tout l'exercice.
Vous pouvez le faire après une séance, ou dans la journée si vous travaillez beaucoup sur écran.
Quelques réflexes utiles
- Dosez la reprise de l'activité plutôt que de tout arrêter brutalement.
- Vérifiez votre matériel : taille du manche, tension des cordes, réglage du guidon.
- Variez vos prises et vos positions de mains.
Quand consulter ?
Il peut être judicieux de consulter si :
- la douleur au coude dure depuis plus de deux à trois semaines ;
- elle gêne des gestes simples (tenir une tasse, serrer une main) ;
- elle vous réveille la nuit ou revient à chaque entraînement ;
- vous ressentez des fourmillements ou une perte de force.
Si vous vous reconnaissez, je vous reçois à Blainville-sur-Orne pour faire le point sur votre coude, votre pratique et l'ensemble de votre chaîne corporelle. Je vous invite aussi à consulter un médecin pour un avis médical, notamment en cas de traumatisme, de gonflement ou de symptômes inhabituels.



